Par Pascal TERRASSE, Député de l’Ardèche

Alors que les candidats à la primaire de la droite sont aujourd’hui officiellement connus, les programmes et propositions de celle et ceux qui se présentent aux suffrages commencent peu à peu à se dévoiler.

Une constante apparaît clairement dans les programmes des candidats à cette primaire : des coupes sombres dans les budgets de l’Etat et un objectif de 80 à 150 milliards d’euros d’économies.

Ce que promet la droite aux Français n’est ni une maîtrise équilibrée des dépenses publiques, ni un effort budgétaire proportionné, c’est une véritable destruction de notre modèle social.

Car au-delà de la course effrénée aux chiffres, les propositions suggèrent des choses très concrètes : suppression de 200 à 500 000 postes dans toutes les fonctions publiques avec augmentation du temps de travail en prime pour ceux qui restent, baisse drastique des remboursements de médicaments, report de l’âge légal de départ à la retraite à 63 voire 65 ans, dégressivité poussée des allocations chômages, diminution draconienne des dotations aux collectivités locales…

J’entends aujourd’hui beaucoup de responsables politiques défendre la ruralité. Que diront- ils demain lorsque la réalité des mesures proposées par la droite menacera l’avenir de leur commune ?

Les programmes des candidats ont tous en point de mire un même objectif : le démantèlement de notre système de protection sociale, pourtant plébiscité par les Français. Faute d’un programme économique et social viable, la droite préfère se réfugier dans ce qu’elle fait de mieux : la question identitaire.

Fidèles à la stratégie électorale qu’ils déploient depuis plusieurs semaines, les candidats à la primaire de la droite assument en outre de laisser filer les déficits publics pendant deux ou trois ans pour financer les promesses de campagne, dont notamment la suppression de l’ISF et des avantages fiscaux pour les emplois à domicile.

Il faut rappeler qu’en 2012, à la fin du quinquennat précédent, le déficit public s’élevait alors à près de 5% du PIB. Nous aurons réussi à le ramener sous les 3% en 2017, respectant ainsi nos engagements européens.

Cette irresponsabilité des candidats à la primaire de la droite et de leurs prévisions budgétaires est le symbole du projet qu’ils portent : l’abaissement généralisé de toutes les protections collectives, l’institutionnalisation des inégalités, la fracture de notre modèle à tous les étages.

Comme en 2012, la droite réutilise les mêmes artifices en mentant sur les faits pour mieux préparer les esprits à un big-bang social.

 

 

Photo © Le Figaro http://www.lefigaro.fr/politique/2014/11/16/01002-20141116ARTFIG00161